Investir en vue d'objectifs à court terme ?

Écrit par Preet Banerjee

Le lundi 16 novembre 2015

J'ai récemment discuté avec de très bientôt diplômés postsecondaires à propos de leurs objectifs financiers à court terme. Certains d'entre eux ont affirmé qu'un de leurs principaux objectifs était d'épargner en vue d'une mise de fonds sur une résidence qu'ils comptent acheter dans les cinq prochaines années.

Je leur ai demandé quel type d'épargne ou de placement ils utiliseraient pour constituer leur mise de fonds. Je m'attendais à ce que tous donnent diverses options à faible risque et à court terme comme les CPG et les comptes d'épargne à intérêt élevé. J'ai été surpris de voir que plusieurs d'entre eux planifiaient acheter des actions individuelles ou des fonds de placement à plus haut risque.

« Si tu prends plus de risques, tu fais plus de gains » fut l'une des explications données à plusieurs reprises.

J'ai entendu cette affirmation assez souvent et, pour faire court, elle est fausse.

Si vous n'êtes que peu familier avec le concept de risque et de gains, l'affirmation ci-dessus peut sembler inoffensive, mais en réalité, il s'agit d'une perception erronée très dangereuse. Il y a une subtile clarification très importante à faire lorsqu'on discute de risque et de ses relations avec les gains : prendre plus de risques ne fait qu'offrir le potentiel de plus de gains. De plus, vous avez besoin d'un horizon temporel assez long avant de pouvoir commencer à vous sentir confiant par rapport au compromis entre risque et rendement, et c'est en supposant que vous avez un portefeuille correctement diversifié (une poignée d'actions ne constitue pas un portefeuille correctement diversifié).

Sur le court terme, il est possible qu'un portefeuille à plus haut risque vous laisse avec une plus grosse mise de fonds que si vous aviez investi dans un produit sécuritaire ayant un plus faible potentiel de gains. Cela pourrait vous laisser en position d'acheter votre résidence plus tôt que prévu, de contracter une hypothèque moins importante ou peut-être même d'acheter une demeure plus dispendieuse. Mais il est aussi possible que les choses aillent dans la direction opposée, c'est-à-dire que le portefeuille à plus haut risque perde de l'argent pendant ces cinq ans où votre argent a été investi. Cela aurait alors l'effet opposé : retarder l'achat de la résidence, contracter une hypothèque plus importante ou être forcé d'acquérir une demeure moins chère.

J'ai donc décidé de reformuler ma question.

J'ai demandé aux étudiants s'ils préféraient avoir un montant garanti de 35 000 $ en 5 ans ou la possibilité d'avoir entre 25 000 $ et 45 000 $. La balance a plutôt penché vers l'option à faible risque et le montant garanti de 35 000 $. Mais tout le monde n'était pas du même avis.

Puis, je suis allé un peu plus loin. Nous avons calculé quel type de propriété ils pouvaient se permettre en fonction d'une mise de fonds de 5 % qui serait de 25 000 $, de 35 000 $ ou de 45 000 $. Ils aimaient beaucoup les options avec une plus grosse mise de fonds, mais étaient très déçus par les options avec une mise de fonds moins élevée. En fait, ils étaient plus déçus par l'option avec faible mise de fonds qu'ils étaient enthousiasmés par l'option avec la mise de fonds élevée. Cela concorde avec le fameux concept en finances comportementales plus connu sous le nom de « l'aversion de la perte » : nous sommes généralement deux fois plus sensibles à la perte que nous le sommes à des gains comparables.

Après avoir fait ces petits calculs, presque tout le monde était d'accord pour dire que l'approche la plus prudente en ce qui concerne les horizons temporels courts était d'utiliser des options à faible risque comme les CPG et les comptes d'épargne à intérêt élevé. La peur de ne pas être en mesure de se permettre leur première maison de rêve était plus forte que la possibilité d'acquérir une propriété légèrement plus attrayante.

Réservez les placements plus risqués pour les objectifs à long terme, comme épargner pour la retraite. Les chances de faire des gains plus élevés augmentent sur le long terme par rapport aux solutions plus « sécuritaires »; l'imprévisibilité des portefeuilles plus risqués ne s'appliquant que sur le court terme.

Un dernier point : ce n'est pas parce que vous avez des objectifs à long terme que vous devez absolument prendre des placements à haut risque. Un autre composant crucial du succès en investissement est de vraiment bien se connaître. Si vous êtes moins à l'aise avec les fluctuations dans votre compte, vous n'avez pas à faire le saut entre des placements sans risque et des placements à très haut risque lorsque vous passez à des objectifs à plus long terme. Vous pouvez faire un compromis entre les deux. Et c'est bien ainsi. Si vous êtes plus enclin à conserver votre stratégie avec un portefeuille à risque modéré, mais que vous risquez d'abandonner un portefeuille plus agressif lorsque le marché est bas, la stratégie modérée pourrait mieux fonctionner pour vous à long terme.

 

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