Comment une crise de la quarantaine peut affecter vos plans financiers

Écrit par Preet Banerjee

Le mercredi 14 novembre 2018

La plupart d'entre nous connaissent l'expression « crise de la quarantaine », utilisée pour décrire les décisions irréfléchies qu'une personne peut prendre en arrivant à l'âge mûr. Mais demandons plutôt l'avis d'un psychiatre.

J'ai consulté le Dr Ajmal Razmy à propos de ce phénomène. Le Dr Razmy est directeur médical de service du programme en soins de santé mentale actifs chez Trillium Health Partners à Mississauga, en Ontario.

Qu'est-ce que « crise de la quarantaine » signifie pour vous ?

Pour le Dr Razmy, l'expression anglaise, « midlife crisis » (crise en milieu de vie), est troublante pour deux raisons, la première étant parce qu'il est impossible de dire exactement quand on est arrivé au milieu de notre vie. En effet, la quarantaine marque‑t‑elle vraiment le mitan de la vie ? Pour définir correctement l'expression, il faudrait savoir à quel moment correspond la fin de la vie — et c'est là une chose dont nul ne possède le secret. La deuxième raison correspond à l'utilisation du mot « crise », lequel sous-entend, selon le Dr Razmy, qu'un bouleversement émotionnel est synonyme de l'entrée au mitan de sa vie, ce qui est également inexact.

Il explique : « En général, la crise de la quarantaine concerne une transition théorique sur le plan de la confiance en soi et une transformation de la façon dont on se définit soi‑même au cours du passage de la quatrième à la cinquième décennie de notre existence. Curieusement, je fête aujourd'hui mon 41e anniversaire de naissance, ce qui devrait correspondre pile-poil au mitan de ma vie, si je maintenais une alimentation équilibrée, si je continuais à faire de l'exercice et si j'évitais la friture et toutes ces pâtisseries si tentantes — et en supposant que je ne suis pas frappé par un camion en sortant du bureau. »

On dirait donc que le mot « crise » est utilisé avec une certaine liberté dans cette expression. Mais que dire alors de l'augmentation des dépenses du type carpe diem, connues en anglais sous le nom de « YOLO » (You Only Live Once) ?

« En pratique, j'ai vu autant d'hommes que de femmes souffrir d'une crise de la quarantaine. Les habitudes de dépense peuvent par contre différer : les hommes semblent préférer les objets, comme des montres ou des voitures, tandis que les femmes penchent plutôt pour les expériences, comme d'agréables vacances ou des sorties au spa pour se faire dorloter. Mais il s'agit là de divergences individuelles. »

Qu'en est-il des investissements ?

« J'ai vu des quêtes personnelles intéressantes, des gens qui se lancent dans ce qu'ils croient être l'entreprise d'une vie, parce qu'ils ont une idée d'affaires neuve. Les gens se sentent contraints de poursuivre cette idée afin de résoudre une angoisse quelconque liée à leur crise de la quarantaine. Peu de ces entreprises s'avèrent fructueuses et la plupart se soldent par de douloureuses leçons en matière de prise de décision. »

Est-ce que ce serait uniquement l'impression de vieillir qui causerait une crise de la quarantaine ? Ou est-ce que d'autres choses pourraient être à son origine ?

« Il existe plusieurs éléments déclencheurs à une crise de la quarantaine, y compris la maladie (de la personne elle-même ou d'autres personnes), un divorce, le syndrome du nid vide de même que le simple processus du vieillissement. Selon l'historique de santé mentale ou de dépendance de chacun, une crise de la quarantaine, comme n'importe quel autre changement de paradigme dans la vie, peut avoir une incidence négative sur une trajectoire financière. »

« Considérons, par exemple, une personne qui a épargné toute sa vie en vue de passer sa retraite en compagnie de son conjoint, puis qui se retrouve plutôt aux prises avec une séparation ou un divorce compliqué. J'ai vu des gens gaspiller leurs économies d'une vie dans ce processus, alors qu'ils se lancent tout à coup dans des dépenses imprudentes en plus des coûts liés à la résolution du divorce. »

Les gens devraient-ils être conscients de certaines choses s'ils souhaitent éviter les effets négatifs d'une crise de la quarantaine ?

« Votre comportement est-il différent ? Vos amis ou votre famille ont-ils remarqué certains traits inhabituels dans la manière dont vous agissez, dont vous dépensez votre argent ou dont vous occupez votre temps ? Souvent, les gens aux prises avec une crise de la quarantaine ne se rendent pas compte de ce qu'ils sont en train de vivre. Mon conseil est de demander à votre entourage. Prendre des décisions d'ordre financier dans une telle période peut s'avérer difficile, coûteux et dommageable. »

 

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