Comment mes parents immigrants m'ont gardé occupé malgré un petit budget

Écrit par Zehra Abbas

Le mercredi 1 août 2018

Comme c'est le cas dans plusieurs familles d'immigrants, mes parents ont passé par un ralentissement financier en immigrant au Canada du Pakistan.

À l'âge de 6 ans, je me gardais occupé avec des activités parascolaires les après-midi et les fins de semaine chez nous. L'été signifiait que c'était le temps des vacances à l'étranger ou de visiter ma famille dans d'autres villes. Cela ne fut tout simplement plus le cas, quand nous sommes déménagés au Canada. Nous n'avions pas de famille ici et les cours après l'école et les programmes de camps d'été n'étaient plus abordables. Les vacances d'été en famille n'étaient plus aussi longues, ni aussi faciles à planifier avec le nouvel horaire de travail de mon père.

J'étais satisfait de regarder les dessins animés ou les comédies de situation (family sitcoms) après l'école ou les fins de semaine, mais mes parents voulaient que mon éducation continue en dehors des heures scolaires. C'était aussi correct à l'époque que ça l'est maintenant : tenir les jeunes occupés et divertis à l'écart des écrans peut être couteux. Les dépenses associées avec les musées, les parcs d'attractions, les festivals, les évènements spéciaux, les clubs sportifs, les activités, les camps ou les cours peuvent rapidement s'accumuler et pour plusieurs familles, ne sont pas abordables.

Mais je ne me suis jamais rendu compte de la pression financière sous laquelle mes parents étaient parce qu'ils me tenaient toujours occupé.

Des façons innovatrices de demeurer occupé

Quand mes parents n'étaient pas capables de se permettre de m'envoyer aux camps ou aux activités parascolaires, ils trouvaient des méthodes innovatrices de stimuler mes intérêts et utiliser mon temps de façon productive - ce qui a constitué la majeure partie de mon enfance.

  • On jouait au soccer dans le parc près de chez nous et transformait le score en un jeu de maths amusant. Après chaque but, on montait les points à une valeur plus élevée et j'additionnai les chiffres avec plein d'enthousiasme.
  • Mon père a inventé un jeu en voiture où on utilisait les caractères des plaques d'immatriculation pour créer des mots. Je fais encore cela souvent aux lumières rouges.
  • On faisait des marches pour découvrir la faune ou emmenions un pique-nique pour le savourer à un parc.

Mes souvenirs préférés

Ma mère et moi faisions des arts plastiques ensemble. C'était toujours des projets scolaires vifs et créatifs qui ressortaient en classe et me donnaient d'excellentes notes. Mon enseignante en deuxième année m'a même révélé qu'elle voyait une influence créative dans mon travail. À ce jour, je demande toujours l'aide de ma mère en faisant du bricolage chez moi.

Les voyages en transport commun aux bibliothèques de Toronto avec ma mère sont parmi mes meilleurs souvenirs. Elle m'amenait explorer toutes les plus vieilles bibliothèques de Toronto et je me rappelle combien c'était excitant d'entrer dans chaque bibliothèque et m'y promener. J'admirais les étagères en bois, cherchais la section pour enfants et m'immergeais dans les pages de tant de livres merveilleux, que je pensais qu'ils étaient là juste pour moi.

Mes profs à l'école élémentaire disaient à mes parents que j'étais un lecteur avancé. J'étais perplexe de leur étonnement parce que la lecture est quelque chose que j'ai toujours aimé et que je faisais pour me divertir.

Les difficultés financières que j'ignorais

Mes parents me tenaient occupé avec des activités si fantastiques que je ne me suis pas rendu compte des difficultés financières qu'ils avaient, jusqu'à ce que je sois beaucoup plus vieux. À tout jamais reconnaissant de leurs sacrifices, leur amour et leur engagement à leurs enfants, j'espère un jour devenir un parent de si grande envergure.

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