6 choses à retenir du budget fédéral de 2019 en matière de finances personnelles

Écrit par Doug Watt

Le mercredi 20 mars 2019

Alors que le budget préélectoral s'adresse à de nombreuses strates de la population, les millénaires et les aînés semblent s'être démarqués, avec l'accession à la propriété et la sécurité du revenu des aînés étant les principales cibles du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau.

Acheteurs d'une première maison

Dans le cadre d'une série de mesures visant les jeunes Canadiens exclus du marché canadien de l'habitation en raison des coûts élevés, Ottawa propose une augmentation du Régime d'accession à la propriété de l'Agence du revenu du Canada, qui passerait de 25 000 $ à 35 000 $ et permettrait à un couple de retirer jusqu'à 70 000 $ de leurs REÉR (RÉR) pour acheter une première maison.

Une autre mesure, plus complexe, proposée par Ottawa est la création d'un nouveau prêt hypothécaire avec participation, permettant à la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) d'offrir un incitatif à l'achat d'une première maison. Essentiellement, les acheteurs d'une première maison peuvent réduire leurs coûts d'emprunt en partageant le coût d'achat avec la SCHL.

Par exemple, si un emprunteur achète une maison d'une valeur de 400 000 $ avec une mise de fonds de 5 % combinée à un prêt hypothécaire avec participation de la SCHL, la valeur du prêt assuré de l'emprunteur passerait de 380 000 $ à 340 000 $, réduisant ainsi son paiement hypothécaire mensuel.

La sécurité économique des aînés

De nombreuses personnes âgées continuent de travailler après leur retraite et touchent des prestations du Régime de pensions du Canada (RPC) ou du Supplément de revenu garanti (SRG). Toutefois, certaines personnes âgées sont pénalisées pour leur travail en raison des règles de récupération d'Ottawa. Pour atténuer ce problème, le budget de 2019 élargit l'admissibilité à l'exemption des gains pour les travailleurs autonomes et prévoit une exemption totale ou partielle pouvant atteindre 15 000 $ sur un revenu annuel d'emploi ou de travail autonome.

Par exemple, si une personne de 66 ans avec un revenu annuel du RPC de 5 000 $ envisage de travailler à temps partiel dans un magasin de vêtements où elle gagnerait 14 600 $ par année, elle ne pourrait actuellement conserver qu'environ 6 650 $ du revenu généré par cet emploi, en raison des mesures de récupération du SRG et des autres impôts. Selon la nouvelle formule d'Ottawa, le salaire net de son emploi à temps partiel passerait à près de 9 600 $.

Régime de pensions du Canada

Le gouvernement envisage également d'inscrire automatiquement les Canadiens de 70 ans et plus au Régime de pensions du Canada. On estime qu'avec ce changement, environ 40 000 personnes de plus de 70 ans qui ne reçoivent pas actuellement de prestations du RPC commenceraient à recevoir une pension de retraite mensuelle moyenne de 302 $ en 2020. Les sommes nécessaires à ce changement, estimées à 9,6 millions de dollars, proviendraient du compte du Régime de pensions du Canada.

Ottawa propose également l'introduction d'une nouvelle rente différée à un âge avancé, une rente viagère qui peut être différée jusqu'à la fin de l'année au cours de laquelle le rentier atteint 85 ans. Doug Carroll, chef de la pratique de la planification fiscale, successorale et financière chez Meridian, affirme que cette rente permet de contourner les règles fiscales actuelles qui exigent que les régimes enregistrés, comme les RÉR, commencent à être liquidés avant la fin de l'année au cours de laquelle le rentier atteint 71 ans.

Régimes enregistrés d'épargne-invalidité

Le budget propose également deux modifications mineures au Régime enregistré d'épargne-invalidité (REÉI), conçu pour aider les Canadiens handicapés à épargner pour assurer leur sécurité financière à long terme. Actuellement, pour s'inscrire à un REÉI, un individu doit également être admissible au crédit d'impôt pour personnes handicapées. Le budget élimine cette exigence, permettant ainsi aux subventions et aux bons qui devraient autrement être remboursés au gouvernement fédéral de demeurer dans le REÉI. Contrairement aux régimes enregistrés d'épargne-retraite, les sommes détenues dans un REÉI peuvent faire l'objet d'une saisie par les créanciers dans le cas d'une faillite.

Afin que les règles du jeu soient équitables, le budget propose également d'exempter les REÉI de la saisie en cas de faillite, à l'exception des cotisations versées dans les 12 mois précédant la déclaration.

Rendre les véhicules zéro émission plus abordables

Pour ceux qui envisagent l'achat d'un véhicule électrique ou hybride, mais qui hésitent en raison du prix, Ottawa prévoit débloquer 300 millions $ sur trois ans pour Transports Canada. L'argent servira à mettre en place un nouvel incitatif fédéral pouvant aller jusqu'à 5 000 $ pour l'achat de véhicules à batterie électrique ou à pile à hydrogène coûtant moins de 45 000 $. De plus, Ressources naturelles Canada recevra 130 millions de dollars d'Ottawa pour de nouvelles stations de recharge et de ravitaillement.

Compétences et régime national d'assurance-médicaments

Le budget de 2019 propose d'instaurer une nouvelle Allocation canadienne pour la formation qui prévoit des dépenses de plus de 1,7 milliard de dollars sur cinq ans. En vertu de cette allocation de formation, les travailleurs admissibles accumulent automatiquement 250 $ par année jusqu'à concurrence de 5 000 $ à vie.

Enfin, Ottawa propose de créer l'Agence canadienne des médicaments, un régime national d'assurance-médicaments auquel participeraient les provinces et les territoires dans le cadre d'une approche coordonnée pour négocier, au nom des Canadiens, les prix des médicaments sur ordonnance. Le gouvernement fédéral croit que cette nouvelle agence pourrait, à long terme, entraîner une baisse du coût des médicaments pouvant atteindre 3 milliards de dollars par année.

 

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