Louer au lieu de vendre. Un bon plan?

Écrit par Judith Lussier

Le mercredi 9 décembre 2015

Un nouvel emploi vous envoie dans une autre ville. Vous avez envie de retourner à la campagne. Avec l’arrivée d’un nouveau membre dans la famille, une chambre de plus s’impose. Bref, vous devez absolument déménager, mais le marché de la revente est à son plus bas. Et si vous louiez votre logement en attendant que la conjoncture immobilière vous soit plus favorable?

Pour l’auteur et développeur immobilier Martin Provencher, l’idée de louer son logement au lieu de le vendre n’est pas tant l’option la plus avantageuse que la seule alternative offerte à ceux qui ne peuvent pas attendre éternellement que le marché redécolle. « Ça peut être avantageux de louer temporairement, simplement pour couvrir une partie des frais pour éviter de devoir supporter deux loyers », dit-il, tout en faisant plusieurs mises en garde.

Tout d’abord, vous devez savoir qu’en ce moment, le marché locatif éprouve lui aussi des difficultés. « Le taux de vacance à la hausse dans la grande région de Montréal depuis trois ans. Ça s’explique en partie par l’explosion de l’offre de condos. Il y a eu beaucoup de conversion d’immeubles en condos par des investisseurs qui les louent. Même si ce sont des condos, ils font partie du marché locatif », explique-t-il.

Louer son logement permet peut-être de dégager des revenus supplémentaires pour payer une seconde hypothèque, mais ça n’aura pas nécessairement d’impact sur votre dossier hypothécaire. « Si vous avez l’intention de vendre à court terme, vous serez peut-être tentés de conclure des ententes aux mois, pour permettre à un éventuel acheteur de prendre rapidement possession du logement. Si vous n’avez pas de bail annuel, l’institution financière ne pourra pas tenir compte de ces revenus, car ceux-ci sont trop incertains », explique l’expert en immobilier.

En louant à long terme, vous perdez en partie le contrôle sur l’état dans lequel sera votre maison lorsque vous finirez par la vendre. D’autres enjeux se posent à la location à court terme par l’entremise de services comme AirBnB, par exemple. « AirBnB est dans une zone grise au niveau fiscal qui sera probablement légiférée prochainement. En plus, les copropriétaires peuvent se plaindre du va-et-vient et si vous déménagez dans une autre ville, vous devez revenir constamment pour assurer la gestion du logement. Il y a trop d’inconnus pour qu’on puisse vraiment compter là-dessus », pense Martin Provencher.

Sans compter que le règlement de votre immeuble ne le permet peut-être pas. Il en va de même pour la location à long terme. « Certaines copropriétés l’interdisent, d’autres imposent que ce soit fait via une société de gestion », explique Martin Provencher.

En ce qui a trait au prix que vous pouvez demander, il n’y a pas de secret : il faut vérifier les petites annonces dans son quartier pour évaluer la valeur de sa propriété sur le marché locatif. Ensuite, vous pouvez confirmer votre évaluation en visitant le site de la Régie du logement.

Bref, pas si simple, louer un logement qu’on espérait vendre, mais c’est peut-être encore mieux que de vendre à perte!

 


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