Les habitations communautaires, une solution viable pour les aînés ?

Écrit par Bonnie Munday

Le jeudi 22 novembre 2018

Les habitations communautaires proposent un mode de vie différent aux personnes qui préfèrent vivre dans une communauté tissée serrée plutôt que dans une résidence classique pour aînés.

Au printemps dernier, Margaret Critchlow, alors âgée de 70 ans, a dû subir une chirurgie de remplacement de la hanche. « Pendant que je me rétablissais à la maison après mon séjour à l'hôpital, nos voisins nous ont facilité la vie, à mon mari et à moi, en nous rendant des services et en nous préparant des repas, se souvient-elle. »

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir d'aussi bons voisins que les Critchlow, ni non plus celle de vivre dans le complexe pour aînés Harbourside Senior Cohousing Community à Sooke, en Colombie-Britannique, qui a ouvert ses portes en janvier 2016. Il s'agit de l'un des nombreux complexes d'habitation communautaire pour aînés au Canada, conçus et financés par les résidents.

Que sont les habitations communautaires ?

Selon le Réseau canadien de cohabitation, un organisme sans but lucratif, la cohabitation, en formule intergénérationnelle ou destinée aux aînés seulement, est un ensemble de voisinages qui combinent l'autonomie des habitations privées avec les avantages du partage des ressources et de la vie en communauté. Les résidents y possèdent leur propre logement avec cuisine et ont accès à des aires communes où ils peuvent passer du temps ensemble.

Les habitations communautaires pour aînés seulement ou intergénérationnelles avec enfants (il existe actuellement 12 modèles intergénérationnels au Canada) est un concept originaire du Danemark. Mais c'est Charles Durrett de Nevada City, en Californie, qui l'a fait connaître en Amérique du Nord grâce à son livre de 1989, Cohousing: A Contemporary Approach to Housing Ourselves (en anglais), coécrit avec Kathryn McCamant. En 2005, cet auteur a également publié un manuel sur la cohabitation entre personnes âgées. Le cabinet d'architectes de Charles Durrett a conçu plus de 50 projets d'habitation communautaire dans le monde, dont Harbourside. Les États-Unis en comptent actuellement environ 165.

« Je me suis intéressé à ce mode de vie après avoir grandi dans une banlieue, puis dans une petite ville, explique Charles Durrett. Je me suis rendu compte qu'il existait un réel esprit d'entraide dans une petite agglomération, contrairement à la banlieue. Ma grand-mère a été alitée pendant les dix dernières années de sa vie et ses voisins veillaient sur elle. »

Les habitations communautaires sont-elles abordables ?

Le prix d'une unité à Harbourside est semblable à celui d'un condo.

« Environ 45 personnes, âgées de 50 à 86 ans, demeurent dans nos 31 unités, note Margaret Critchlow, cofondatrice de Harbourside et directrice à la Canadian Senior Cohousing Society. Le prix moyen des unités, dont la surface varie entre 630 et 950 pi2, est de 375 000 $ ». Ce montant comprend tous les coûts, y compris ceux de la conception et de la construction. « Les propriétaires sont les promoteurs et ils versent une mise de fonds d'au moins 10 % du prix de leur unité, ajoute-t-elle. Tous les résidents font partie du conseil d'administration. Ils peuvent vendre leur unité s'ils le souhaitent, mais l'idée de base est de vieillir au sein de cette communauté. »

Quels sont les frais et les services inclus ?

Les résidents paient des frais de condo de 300 $ par mois. Cette somme sert aux réparations, à l'entretien des aires communes et de la pelouse, ainsi qu'au déneigement. Selon Margaret Critchlow, toutefois, les résidents s'occupent eux-mêmes de la plupart de ces tâches. Ils acquittent leurs propres factures de services publics et paient pour les services de nettoyage qu'ils désirent obtenir pour leur unité. « Nous avons également mis un studio à la disposition des soignants, comme les infirmières, pour ceux qui nécessitent des soins spécialisés, poursuit-elle. » Les frais de ce local sont partagés entre tous, mais les soins sont à la charge de la personne qui en fait la demande. Comme les résidents font eux-mêmes leur épicerie, ces dépenses sont les mêmes que lorsqu'ils habitaient dans leur propre résidence.

Les coûts d'une habitation communautaire et d'une résidence pour aînés sont-ils semblables ?

Il est difficile de comparer le coût d'une habitation communautaire à celui d'une résidence classique pour aînés autonomes, du fait que les concepts diffèrent grandement entre les provinces et dépendamment si les résidences sont privées ou subventionnées. De plus, les frais mensuels dépendent de plusieurs facteurs, dont l'inclusion ou non des repas, des soins personnels, du stationnement et de l'entretien. Si l'on se fie aux données 2017 de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), le loyer mensuel moyen d'un appartement avec chambre séparée et soins de base dans une résidence pour personnes âgées s'élevait à 2 740 $ au Canada atlantique, à 4 179 $ en Ontario et à 3 055 $ en Alberta et en Colombie-Britannique.

En conclusion, les options sont si nombreuses et diverses que le mieux est de faire des recherches pour trouver ce qui convient le mieux à nos besoins et à notre budget personnel. 

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