La tendance des mini-maisons, réaliste au Québec ?

Écrit par Judith Lussier

Le lundi 22 février 2016

Depuis que la tendance des mini-maisons bat son plein, je me suis abonnée à des comptes Instagram et pages Facebook publiant des images fascinantes de ces petits miracles de design. Ces micro-espaces dans lesquels chaque chose a sa place et qui se détaillent à une fraction du prix d'une maison régulière ont de quoi faire rêver. Mais soyons sérieux : j'habite dans une maison de 260 m2 et je n'ai toujours pas trouvé d'endroit pour ranger le coffre à outils.

Difficile d'imaginer réduire encore de moitié mon espace de vie ! Plusieurs documentaires et téléréalités sur le mouvement des mini-maisons nous arrivent d'endroits où on peut passer une bonne partie de la journée dehors.
Est-ce réaliste de s'entasser dans 100 m2 au Canada, où le climat est hostile presque six mois par année ?

Catherine Duval y croit fermement. Elle et son conjoint Pascal, les créateurs de Ma Maison Logique, vivent à temps plein dans leur demeure de 55 m2. « Ce n'est pas tout le monde qui peut s'imaginer réduire ses espaces de vie et ses possessions. Il s'agit d'un mouvement qui répond à une certaine catégorie de gens qui partagent les mêmes valeurs et pour qui le cinéma maison, la piscine creusée et la salle de bain privée ne sont pas des priorités », explique-t-elle.

À en croire l'achalandage qu'a connu le festival de mini-maisons organisé pour la première fois l'an dernier, plusieurs sont prêts à renoncer au garage double. « On attendait 1500 personnes, il en est venu 7000 ! », se réjouit Claude Trépanier, directeur du développement chez Habitat Multigénérations, un promoteur immobilier qui vente les mérites de la micro-habitation. Pour des sommes allant de 95 000 $ à 160 000 $, vous pouvez vous installer dans une mini-maison aux Hameaux de la source, le premier projet du groupe, développé à Lanthier.

« Plusieurs aspects peuvent faire varier le prix d'une mini-maison : le choix des matériaux, le degré d'efficacité de celle-ci, son niveau d'autonomie, le fait de choisir des plans déjà existants ou d'opter pour une conception sur mesure, être auto-constructeur ou opter pour un projet clé-en-main », explique Catherine Duval. Vous devrez également penser aux dépenses associées à l'achat d'un terrain, d'une fausse sceptique ou d'une toilette au compost, aux frais de raccordement, à moins que vous n'optiez pour une maison autonome, ce qui exige aussi un investissement. Finalement, votre projet de mini-maison pourrait s'avérer plus coûteux que prévu.

Mais ce n'est pas que la réduction des coûts qui charme les adeptes du micro-logement. « Les gens veulent consommer moins et réduire leur empreinte écologique », affirme Claude Trépanier.

Plusieurs barrières se dressent toutefois devant cet idéal environnemental, à commencer par les règlementations municipales. « Chaque ville légifère la dimension minimale des terrains et des résidences. Les mini-maisons, c'est nouveau dans leurs plans. Elles doivent innover, s'adapter », explique monsieur Trépanier. En ce moment, on compte moins de dix municipalités ouvertes aux mini-maisons au Québec.

Cet obstacle n'a pas empêché les constructeurs de maisons usinées d'emboîter le pas sur la tendance. C'est le cas des Industries Bonneville, à quelques nuances près. « On entendait parler des mini-maisons, mais on n'était pas convaincus que les Québécois voulaient vraiment des maisons de 100m2 où tu dois déplier ton lit avant de te coucher. On a fait une étude de marché qui a révélé que ce qui fait triper le monde, c'est un compromis à 200m2 ». Si ces espaces sont bien pensés, il devrait y avoir un endroit où mettre mon coffre à outils !

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