À quoi s'attendre dans un environnement de hausse des taux hypothécaires

Écrit par Penelope Graham

Le vendredi 29 juin 2018

Les emprunteurs canadiens risquent bientôt d'avoir de mauvaises surprises.

Après des années de taux d'intérêt à rabais, les prêteurs sont tous en train d'augmenter leurs taux : les conditions économiques qui s'améliorent ont incité la Banque du Canada à augmenter son taux de financement à un jour, qui sert de référence, plusieurs fois depuis juillet dernier.

Comme cela impacte directement la façon dont les prêteurs fixent les prix de leurs produits de prêt à taux variable – ce qui inclut les hypothèques à taux variable et les marges de crédit – les grandes institutions financières augmentent aussi leurs taux fixes.

Ajoutez à ça le tout nouveau test de stress et les Canadiens se retrouvent dans un environnement de taux qui s'échauffe au rythme le plus rapide des dix dernières années.

Pourquoi les taux montent-ils ?

Afin de comprendre pourquoi les taux d'intérêt fixes et variables augmentent, il faut faire un retour dans le passé pour comprendre la raison pour laquelle ils ont autant diminué en premier lieu : la Crise économique de 2008.

À la suite du recul du marché du travail et de la crise hypothécaire, la Banque du Canada avait mis en œuvre des initiatives pour prévenir un resserrement du crédit : en gardant les prix des prêteurs très faibles, cela maintenait la circulation continue des fonds entre les institutions financières et encourageait les consommateurs à continuer à dépenser. La banque centrale a fait cela en gardant son taux d'intérêt à 1 % de 2010 à 2015 et l'a coupé davantage quand le prix du pétrole a diminué en janvier et en juillet 2015.

Il ne s'agit plus de la même réalité économique. Le marché du travail, l'inflation et les industries de base sont en pleine croissance, ce qui donne l'occasion à la Banque du Canada de changer son fusil d'épaule. En conséquence, les analystes prévoient au moins une autre augmentation de taux d'ici la fin de l'année 2018.

Que peuvent faire les emprunteurs ?

On entend parfois qu'il est conseillé, lors de moments économiques incertains, de faire des placements à taux d'intérêt fixe pour tolérer la volatilité du marché, du fait que c'est plus sécuritaire. Mais est-ce vraiment le meilleur chemin à prendre pour les emprunteurs d'aujourd'hui ?

Voici des facteurs à considérer quand vous faites le choix du prêt hypothécaire idéal dans un environnement où les taux sont en hausse :

  • Connaitre votre degré de tolérance à l'égard du risque 

    Les taux hypothécaires fixes sont une excellente option pour les emprunteurs qui sont réticents au risque, puisqu'ils garantissent le taux d'intérêt de l'hypothèque pour le terme complet, peu importe l'état du marché. Un taux fixe peut être plus avantageux pour les emprunteurs qui veulent s'assurer que leurs coûts domiciliaires ne changent pas de mois en mois ou qui n'ont pas de marge de manœuvre dans leur budget de ménage. La grande majorité d'acheteurs d'une résidence choisit un taux fixe, ce qui représente 72 % de toutes les nouvelles hypothèques en 2017, selon une étude menée par Mortgage Professionals Canada (lien en anglais).
  • Évitez de maximiser votre budget 

    Dans des marchés hypothécaires importants, tels que Vancouver ou Toronto (lien en anglais), c'est facile de se laisser emporter et de faire une plus grosse offre que celle que vous comptiez faire, surtout dans les situations où il y a beaucoup de compétition. Cependant, en augmentant le montant que vous pouvez emprunter, cela peut grandement réduire votre flexibilité et vous serez coincé si votre taux hypothécaire augmente. Une bonne initiative est de déterminer si vous seriez capables de vous permettre ce condo (lien en anglais) ou cette maison à Toronto avec une augmentation de 2 % à votre budget mensuel, avant de faire une offre.
  • Décidez entre haut et bas 

    La sagesse hypothécaire dicte qu'on essaie de mettre autant d'argent que possible sur le paiement initial, afin d'avoir le plus d'équité possible dès le départ. Si vous payez moins que 20 % du montant initial sur une maison, vous devrez vous procurer une assurance-prêt dont la prime sera intégrée à même vos paiements mensuels.

 

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