Pourquoi est-ce si difficile d'arrêter de dépenser ?

Écrit par Dominique Jarry Shore

Le mardi 20 octobre 2020

Depuis quelques mois, j'ai du mal à respecter mon budget.

Une partie de mes dépenses excessives est attribuable aux besoins changeants de ma famille. L'été dernier, j'ai dépensé beaucoup plus pour les services de garde étant donné que le camp d'été de mon quartier n'était offert qu'à temps partiel. Cette situation a entraîné une augmentation des dépenses pour la garde des enfants pendant que j'étais au travail.

Toutefois, certaines dépenses excessives sont dues au fait que mes désirs ont changé. Confinée à la maison, j'ai commencé à faire des petites folies, notamment en achetant un nouveau lit, une nouvelle couette et de nouveaux draps. Lorsqu'on a pu sortir un peu de la maison, on s'est offert un petit voyage dans les environs avec les enfants. J'ai aussi dépensé plus que d'habitude pour les vêtements, la nourriture et le conditionnement physique.

J'ai l'impression de m'être permis de dépenser pour améliorer mon sentiment de bien‑être. Car avouons‑le, les derniers mois n'ont pas été particulièrement agréables pour bon nombre d'entre nous.

Dépenser peut être synonyme d'une quête de sensations fortes

Tout cela fait partie du phénomène de la « poursuite effrénée des sensations fortes », explique Megan McCoy, professeure à l'Université Kansas State, qui enseigne la thérapie financière (en anglais seulement) — un domaine qui applique la santé mentale et la psychologie aux finances personnelles.

Cela fait partie de la chimie de notre cerveau. Nous dépensons pour ce petit moment de bonheur, mais celui‑ci est éphémère. Du coup, nous dépensons encore plus pour répéter l'expérience.

Voilà qui explique ce que je remarquais au moment où je dépensais; c'était comme si les vannes s'étaient ouvertes. Après avoir dépensé excessivement une première fois, il était plus facile de le faire encore et encore. C'était comme un effet boule de neige qui devenait difficile à contrôler.

Pourquoi dépensons‑nous excessivement ?

Natasha Knox est planificatrice financière à honoraires (en anglais seulement) à New Westminster, en Colombie‑Britannique, et titulaire d'un certificat d'études supérieures en thérapie financière. Selon elle, le « petit moment de bonheur » que procurent les dépenses répond à un besoin psychologique, comme le besoin de se conformer ou de ressentir un sentiment de contrôle. Parfois, les gens dépensent lorsqu'ils sont anxieux, tristes ou en colère, et ils magasinent pour éviter des sentiments qui les mettent mal à l'aise.

« À première vue, la situation semble être la même, mais les raisons peuvent varier », précise‑t‑elle.

Knox suggère trois façons d'aborder les dépenses qui posent problème :

  • Reconnaissez que ce comportement a été au service d'un besoin, puis essayez de le définir. S'agit‑il d'un besoin qui peut être comblé avec de l'argent ? Voici quelques exemples de besoins : l'appartenance, la justice, la solidarité, et être compris. Knox nous rappelle qu'il faut se montrer compatissant envers soi‑même lorsque l'on examine cet aspect de nos dépenses. « Les gens sont très durs envers eux‑mêmes », souligne Knox, « ce qui ne sert à rien ».

  • Dressez une liste de vos déclencheurs émotionnels. Quand dépensez‑vous trop ? Est‑ce lorsque vous êtes en colère, triste, avant une querelle, après une querelle, ou encore lorsque vous vous ennuyez, que vous êtes avec des amis, ou que vous êtes seuls ? Examinez les raisons que vous vous donnez pour dépenser, du genre « C'est pour quelqu'un d'autre ! » ou « C'était une occasion à ne pas manquer ! ».

  • Tenez un journal dans lequel vous décrivez ce que vous ressentez avant et après avoir dépensé excessivement. Ensuite, chaque fois que vous voulez dépenser, essayez d'adopter une stratégie différente. Par exemple, si l'ennui est la cause première de vos dépenses, pourquoi ne pas appeler un ami, aller marcher ou vous livrer à un passe‑temps à la place ?

Pour ma part, j'ai récemment rencontré mon propre planificateur financier à honoraires pour réexaminer notre plan pour les six prochains mois. Cela m'a permis de me faire une idée plus précise de mes priorités et de mes limites en matière de dépenses.

Bien que je me sois un peu laissé aller au cours des derniers mois, je compte bien faire un peu d'introspection afin de mieux comprendre ce qui me pousse à dépenser.

Partager