Quand on ne veut pas hériter des effets personnels de nos parents

Écrit par Mary Luz Mejia

Le jeudi 16 août 2018

Les caricatures achetées en vacance, les coquillages ramassés pendant des dizaines d'années, le tapis sur lequel vous avez appris à marcher. Voilà le genre de choses qui s'accumulent chez nos parents et grands-parents.

Vous pourriez avoir un jour à vous demander ce que vous comptez faire avec toutes ces choses que vous ne voulez pas.

Ce dilemme est de plus en plus commun parce que plus de parents déménagent dans une plus petite maison ou dans une maison de retraite. Si vous vous rendez à n'importe quelle boutique de dépôt-vente, en ligne ou à une friperie, vous verrez où finissent plusieurs objets de famille. Les raisons expliquant ce phénomène varient autant que les histoires de chaque article, mais il y a des dénominateurs communs.

Hériter de leurs choses

Sandy Avvari Nayani (lien en anglais), spécialiste en marketing et blogueuse, raconte son histoire : « Mes parents et les parents de mon conjoint savent que nous ne voulons pas les bibelots qu'ils collectionnent depuis des années. Ma belle-mère a une collection de figurines Royal Doulton, mais elle sait que ce n'est pas quelque chose dont nous voulons hériter. »

Le foyer de Nayani est plus moderne et minimaliste que celui de ses parents et beaux-parents. Les objets de collection précieux qu'ils veulent lui léguer ne vont pas avec son décor, ou son style de vie.

Abby Langer (lien en anglais), experte en nutrition et alimentation, et mère de deux enfants, vit une situation similaire avec la vaisselle en porcelaine. « Mais qui s'en sert encore ? On utilise nos assiettes ordinaires pour toutes les occasions, qu'elles soient spéciales ou non ! De toute façon, je trouve la porcelaine laide ! »

Vendre les objets de famille

Tammie Cancelli, propriétaire de Singing Lady Consignment Emporium à Toronto, dit qu'elle reçoit beaucoup de porcelaine avec toutes sortes de motifs, et qu'elle se vend très bien. Les vieux ustensiles de cuisine, les bouteilles en verre, les conserves, les batteries de cuisine, les couverts, le cristal de bonne qualité, le verre datant de la Grande Dépression et l'art authentique aussi.

Mais qui les achète ?

« Ceux qui achètent des maisons d'époque et qui les décorent avec des objets de la même époque, que ce soit du style victorien ou Tudor. Et ceux qui cherchent des articles pour compléter un ensemble de couverts ou de porcelaine donné par leurs parents ou grands-parents. » déclare Cancelli. Elle dit qu'il est plus difficile de vendre les gros meubles des années 70 et 80, les assiettes de collection, les figurines et les articles de chêne clair.

La perspective des parents

La chroniqueuse de tourisme Toby Saltzman sait que ses enfants adultes ne veulent pas ses antiquités. « Ils veulent des meubles et des accessoires contemporains. Je viens de donner un divan et une chaise appairés Louis XVI authentiques à un dépôt-vente à Toronto. Ça m'attriste que mes enfants ne soient pas intéressés à ce que je considère comme ayant une grande valeur. Ils ont cependant le droit de développer leur propre style », dit-elle.

Saltzman a vendu certains articles à des dépôts-ventes et à des galeries, et en a donné d'autres aux magasins communautaires qu'elle soutient.

« Je ne recevrai pas l'équivalent de la valeur réelle des meubles, mais je n'ai plus assez d'espace. Je ne veux pas être le genre de parent qui laisse une montagne de choses à ses enfants », dit-elle.

D'ici là, elle dit qu'elle désencombrera sa maison une chose à la fois, afin de leur trouver de nouveaux propriétaires qui les aimeront autant qu'elle.

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