Gérer son argent après une crise

Écrit par Kelley Keehn

Le lundi 29 juin 2020

Avec la reprise de l'économie, la tentation de sortir et de dépenser pourrait être forte pour plusieurs. Et pourquoi pas ? Vous méritez bien de faire un peu de magasinage thérapeutique —  c'est même bon pour l'économie.

Mais cette crise a pris de nombreux Canadiens au dépourvu. Ceux qui n'avaient pas de fonds d'urgence ont possiblement souffert d'insomnie, se demandant s'ils allaient pouvoir payer leurs factures et réussir à subvenir à leurs besoins.

Une étude intéressante réalisée aux États-Unis il y a quelques années (en anglais seulement) a révélé que le niveau de bonheur d'une personne augmentait de manière exponentielle pour chaque tranche de 10 000 $ de revenu annuel supplémentaire, mais seulement jusqu'à 75 000 $. Après quoi, la personne n'était pas plus heureuse pour autant.

Une étude canadienne plus récente a fait basculer cette réflexion. Les conclusions de l'Association canadienne de la paie ont démontré que ce n'est pas tant votre niveau de revenu qui réduit le stress financier, mais bien un coussin financier gonflé à bloc.

Redonnons du volume à ce coussin !

Combien devriez-vous avoir dans un compte d'urgence ?

La plupart des planificateurs financiers agréés recommandent de conserver trois à six mois de votre revenu familial dans un compte qui n'est pas trop facile d'accès (c'est-à-dire qui n'est pas lié à votre carte de débit) sans pour autant être inaccessible ou investi dans un instrument qui pourrait le compromettre.

Par exemple, un compte d'épargne à taux d'intérêt élevé, un compte d'épargne libre d'impôt ou un fonds commun de placement du marché monétaire pourraient être de bons points de départ. Accumuler ces montants peut sembler une tâche ardue au début, mais il faut savoir que même un montant aussi modeste que 25 $ par mois peut avoir un impact important à long terme.

En revanche, investir à la bourse dans le marché boursier ou même dans un fonds commun de placement équilibré pourrait se traduire par des baisses et des pertes temporaires, possiblement au moment même où vous avez besoin d'accéder à votre argent.

Réduire les dépenses inutiles

Quelques dollars dépensés au jour le jour ou mensuellement peuvent vraiment finir par s'accumuler. Voici un petit conseil très simple pour repérer les dépenses inutiles : passez en revue trois mois de vos relevés bancaires et de cartes de crédit (en ligne ou sur papier) et identifiez les choses ou services que vous n'avez pas utilisés, dont vous pourriez facilement vous passer ou que vous ne vous souvenez même pas d'avoir acheté. Vérifiez ensuite si vous pouvez annuler, suspendre ou réduire ces dépenses.

Profitez au maximum des remboursements et crédits d'impôt

La date limite pour produire une déclaration de revenus est passée, mais vous pouvez toujours chercher des déductions et crédits d'impôt pour l'an prochain. Si vous n'êtes pas sûr de ce qui est offert, adressez-vous à un comptable agréé ou à un fiscaliste pour obtenir des conseils. Si vous n'avez pas récemment (ou même jamais) produit de déclaration de revenus, il se peut que vous vous priviez du crédit pour la TPS, de l'allocation canadienne pour enfants ou d'un remboursement, pour n'en citer que quelques-uns.

Même les petits montants comptent

Qu'ils soient modestes ou non, aucun revenu ou montant d’épargne ne devrait être ignoré. Les dollars s'accumulent rapidement lorsqu'il s'agit de financer votre compte d'urgence. N'oubliez pas que tout comme un navire qui navigue en eaux troubles, vous devrez peut-être freiner certains désirs. Une fois les eaux calmées et vos réserves financières bien approvisionnées, vous serez en mesure de profiter de ce que vous aviez peut-être dû sacrifier temporairement pour y parvenir.

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