Dépenses émotionnelles après un divorce

Écrit par Preet Banerjee

Le lundi 1 octobre 2018

Une personne fraichement divorcée s'achète une luxueuse décapotable ou renouvelle sa garde-robe à grands frais ? Rien de surprenant à cela.

Un modèle d'analyse des déterminants biologiques, psychologiques et sociaux qui conditionnent les comportements et les habitudes permet maintenant de mieux comprendre pourquoi les gens, sous le coup de l'émotion après un divorce, dépensent de façon excessive. C'est ce qu'affirme Dr Ajmal Razmy, psychiatre à Mississauga en Ontario et directeur des services médicaux du programme Acute Care Mental Health de Trillium Health Partners. Ces facteurs engloberaient entre autres la génétique, l'usage de substances psychoactives, le revenu, l'état d'esprit et même les réalités du quartier où ces personnes vivent.

Bien que les dépenses impulsives après un divorce ne soient pas une réaction commune à tout le monde, DRazmy a noté deux types de réactions : ceux qui réagissent avec mélancolie et ceux qui sont contents d'être à nouveau célibataires.

Les mélancoliques

« Les mélancoliques sont émotionnellement perturbés par leur divorce, explique DRazmy. Dans leur quotidien, certaines personnes réagissent au stress en cherchant une satisfaction instantanée, par exemple en se jetant sur un pot de crème glacée pour se calmer – une envie irrépressible qu'il m'arrive également de ressentir. Cependant, ce besoin de gratification compensatoire face à des épreuves peut aussi inciter à des transactions financières irrationnelles qui visent uniquement à combler un manque. »

Dr Razmy se rappelle avoir déjà communiqué avec des concessionnaires automobiles au nom de patients nouvellement divorcés qui s'étaient procuré une voiture de luxe, dont le prix dépassait de loin leurs capacités financières.

Contents d'être à nouveau célibataires

« Ce type de personnes se dit que le divorce n'est pas nécessairement une mauvaise chose, surtout si leur mariage n'a pas été heureux, poursuit Dr Razmy. Dans certains cas, elles développent une hypomanie à la suite de leur rupture. » Le spécialiste ajoute qu'un regain d'énergie doublé d'un manque de sommeil forme souvent un cocktail explosif qui peut mener à des décisions financières désastreuses, allant de visites fréquentes dans les boutiques haut de gamme jusqu'à l'achat irréfléchi de forfaits vacances.

« En approfondissant les causes biopsychosociales qui mènent à dépenser davantage après un divorce, nous serons mieux outillés pour aider les personnes concernées », insiste Dr Razmy.

Que faire pour éviter de se ruiner après un divorce ?

Il est sans doute impossible de dissocier entièrement le facteur émotif des décisions financières. Cependant, établir un budget avant et pendant le mariage est tout aussi crucial lors d'un divorce.

Personnellement, étant donné que je voyage beaucoup, j'avoue faire preuve d'une attitude tout à fait illogique à l'égard des calories que j'ingurgite dans les aéroports, comme si elles ne comptaient pas. De fait, j'oublie complètement mon régime alimentaire habituel (si on peut l'appeler ainsi) lorsque je suis confronté à toutes les délicieuses options proposées en attendant mon vol. Naturellement, il n'existe pas plus d'univers parallèles dans les aéroports que dans n'importe quelle autre situation et, quelques jours plus tard, les abus de calories ont des répercussions bien concrètes sur mon poids.

Il en va de même lorsque vous devez gérer vos dépenses pendant des périodes de stress émotionnel : les règles de gestion financière prudente ne disparaissent pas subitement parce que vous avez besoin d'une halte réconfortante après avoir signé les documents de votre divorce. Au contraire, vous devrez alors être d'autant plus économe, le coût de la vie d'une personne vivant seule étant souvent plus élevé en proportion de celui d'un couple marié.

Dès que vous entrevoyez la fin de votre relation conjugale, vous devez songer à cette nouvelle réalité. Il vous faudra peut-être changer de conseiller financier ou encore vous prévaloir de services d'autres conseillers.

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