Should you trust financial advice from AI?
C’est officiel : les robots se sont frayé une place dans votre porte-monnaie. Les Canadiens et Canadiennes n’utilisent plus l’intelligence artificielle (IA) uniquement pour planifier des vacances ou trouver des recettes, mais aussi pour des questions financières.
« Cela tient surtout à la commodité et à la curiosité », nous dit Robb Engen, conseiller à rémunération forfaitaire, fondateur du blogue de finance personnelle Boomer & Echo (en anglais seulement) et collaborateur sur le blogue À propos d’argent. « Les gens aiment obtenir des réponses rapides et gratuites sans avoir à prendre rendez-vous ou se sentir jugés. Depuis des années, le moteur de recherche Google et les calculatrices en ligne sont des outils indispensables pour les investisseurs autonomes. L’IA semble en être la suite logique. »
Aujourd’hui, des Canadiens et Canadiennes demandent à l’IA de les aider à gérer leurs finances. Cependant, avant de lancer une discussion avec un assistant virtuel, il peut être bon de se poser la question suivante : « Dans quelle mesure puis-je réellement faire confiance aux conseils de l’IA? »
Les points forts de l’IA
De façon générale, les assistants virtuels analysent bien les fondements de la finance, qu’il s’agisse de définitions simples, de comparaisons côte à côte de différents produits financiers ou de stratégies d’épargne, et de stratégies de remboursement de dettes. Tel un ami avisé, l’IA est toujours partante pour donner des conseils financiers.
« Si vous vous informez sur le fonctionnement d’un CÉLI, la croissance des intérêts composés ou les avantages et inconvénients de rembourser une dette plutôt que de placer votre argent, vous obtiendrez généralement une réponse acceptable », ajoute Engen. « C’est comme une encyclopédie toujours accessible sur les sujets financiers. »
Lorsque The Globe and Mail a soumis ChatGPT à un test sur les questions financières (en anglais seulement), l’IA a obtenu de solides résultats pour ce qui est de la précision et de la clarté, mais il y avait des lacunes importantes, car elle omettait les nuances qui rendent les conseils financiers profondément personnels.
« Si vous posez la question “Comment commencer à investir?”, vous obtiendrez une réponse pertinente sur les fonds indiciels, la diversification et la persévérance », précise Engen. « La clé est de considérer cette réponse comme le premier chapitre d’un guide. Ce n’est pas le plan complet. Une fois que vous adaptez cette information à votre propre situation, comme votre revenu, vos objectifs et votre comportement, c’est à ce moment que les conseils d’un humain peuvent tout changer. »
« C’est un excellent point de départ », dit Engen. « Si seulement plus de gens utilisaient l’IA pour ne plus se laisser intimider par les finances personnelles. »
Les points faibles de l’IA
Malgré toutes ses prouesses, l’IA ne peut toujours pas vous comprendre en tant qu’individu. Elle ne connaît pas vos habitudes financières uniques et les craintes, les envies et les émotions qui ont une influence sur vos dépenses et votre épargne. Les réponses de l’IA peuvent être factuelles, mais trop génériques pour avoir une application dans la vie réelle.
« L’IA ne met pas en évidence les pièges émotionnels ou comportementaux », souligne Engen. « Par exemple, l’IA pourrait vous conseiller d’investir à long terme, mais ce conseil n’est pas très pratique lorsque la valeur de votre portefeuille baisse de 20 % et que vous vous demandez si vous devez tout vendre. L’IA peut comprendre les nombres, mais pas les personnes. »
Dans les tests effectués par The Globe and Mail (en anglais seulement), ChatGPT fournissait fréquemment des réponses techniquement correctes, par exemple en expliquant la différence entre l’achat et la location, mais ne tenait pas compte de certains éléments de contexte. Notamment, l’outil n’a pas tenu compte des coûts d’entretien ménager, des répercussions fiscales et de l’influence du style de vie sur l’abordabilité.
MoneySense a obtenu des résultats similaires (en anglais seulement) : même si l’IA peut aider les Canadiens et Canadiennes à établir un budget ou à trouver des stratégies d’épargne, les spécialistes rappellent qu’il est possible de recevoir de l’information incorrecte ou maladroite si vos questions ne sont pas suffisamment précises.
Les États-Unis, un grand favori
Comme la plupart des assistants virtuels sont entraînés avec des données américaines, l’IA a un penchant pour les États-Unis. Une étude réalisée en 2025 révèle que les grands modèles de langage (GML) favorisent les États-Unis et le secteur de la technologie (en anglais seulement) dans les portefeuilles simulés, en investissant environ 93 % des placements dans des actions américaines comparativement à 59 % à l’échelle mondiale, ce qui peut être plus risqué.
« C’est ici que la facette humaine l’emporte », dit Engen. « Les compromis sont au cœur de la réelle planification financière : les dépenses par rapport à l’épargne, la sécurité vis-à-vis de la croissance, le travail relativement aux loisirs. L’IA ne connaît pas vos craintes, vos antécédents financiers ou ce qui vous préoccupe la nuit. Elle ne différencie pas non plus une personne qui a le goût du risque de quelqu’un qui fait de l’insomnie à cause du solde de ses RÉER. »
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Pire encore, l’assistant virtuel a tendance à halluciner (en anglais seulement) — ce qui signifie qu’il peut en toute confiance inventer des nombres, déformer les faits ou citer de l’information obsolète. La technologie analyse la façon dont les humains écrivent, mais elle ne distingue pas le vrai du faux.
Un article du New York Times rapporte qu’un investisseur a perdu de l’argent après que ChatGPT lui a cité des données vieilles de plusieurs jours (en anglais seulement). L’assistant virtuel a également donné des conseils étranges à une utilisatrice, comme de vendre des photos de ses pieds pour rembourser ses dettes. Cela illustre bien que la machine ignore quand elle est en train de délirer.
Les conséquences, elles, sont bien tangibles : dans un sondage Credit Karma (en anglais seulement), plus de la moitié des utilisateurs qui ont suivi des conseils financiers de l’IA disent avoir pris de mauvaises décisions financières par la suite ou s’être trompés en essayant de suivre ces conseils.
Le risque réel est que l’IA ignore quand elle a tort, et que plusieurs personnes ignorent quand la remettre en question.
Comment utiliser l’IA de manière sécuritaire
L’IA peut vous donner un bon coup de pouce sur le plan financier, si vous en connaissez les limites. Voici quelques conseils pour l’utiliser de manière responsable sans risquer ni votre argent ni vos données.
Faites des demandes pour enseigner, et non dicter
Utilisez l’IA pour obtenir des définitions, faire des comparaisons ou résumer rapidement, mais ne demandez pas de conseils personnalisés. Demandez ce qui différencie les CÉLI des RÉER au lieu de demander lequel des deux vous devriez choisir.
« Si le conseil implique de prendre une décision importante, notamment sur l’investissement, l’assurance, l’impôt ou la retraite, demandez l’avis d’un planificateur ou d’une planificatrice avant d’agir », souligne Engen.
Vérifiez avant d’agir
Ne vous laissez pas berner par le ton amical ou la présentation soignée des informations, car un assistant virtuel qui hallucine (c.-à-d. qu’il fournit des renseignements erronés) peut faire dérailler complètement vos finances. Vérifiez le plan et les conseils financiers auprès d’une source canadienne réputée avant de faire le grand saut (en anglais seulement).
« Traitez l’information comme vous le feriez pour un article Wikipédia : les renseignements fournis sont suffisants pour vous mettre sur la bonne voie, mais des détails, des subtilités ou des nuances pourraient manquer », précise Engen. « Vérifiez toujours la date et le contexte, car les règles financières, les limites fiscales et les détails d’un produit changent constamment. Confirmez ce que vous avez lu auprès de plusieurs sources. »
Protégez votre vie privée
Ne donnez jamais de renseignements personnels, comme votre NAS, vos relevés bancaires, les renseignements de votre compte ou votre revenu. Aucune législation canadienne claire n’est actuellement en vigueur (en anglais seulement) pour protéger les usagers de l’IA. Souvent, rien ne précise non plus comment vos données seront stockées (en anglais seulement) ou utilisées. Enfin, ne fournissez pas à l’assistant virtuel ce que vous n’enverriez pas par courriel à un étranger (an anglais).
Faites attention aux préférences
La plupart des outils d’IA sont entraînés avec des données provenant des États-Unis. Pour cette raison, les conseils relatifs à l’impôt, aux avantages sociaux et à la réglementation pourraient ne pas s’appliquer au Canada. Vérifiez les renseignements auprès de sources fiables (comme l’Agence du revenu du Canada, votre conseiller ou conseillère, votre comptable ou votre banque).
Il en va de même pour l’investissement. Comme l’IA a un penchant marqué pour les États-Unis, utilisez-la pour effectuer une recherche générale ou vous inspirer, mais pas pour construire la totalité de votre portefeuille.
Continuez d’apprendre, mais demandez à un humain de vous aider
L’IA est un excellent outil financier, mais elle ne remplace pas un(e) professionnel(le) qualifié(e). Utilisez ce que vous avez appris pour avoir des conversations plus intelligentes et approfondies avec un humain.
Quand faut-il plutôt consulter un humain?
Engen recommande de parler à un humain chaque fois que « les émotions, les impôts ou divers objectifs entrent en conflit ».
« Lorsque vous prenez votre retraite, vendez une propriété ou retirez des fonds de vos placements, vous avez besoin de discernement et d’expérience », précise Engen. « L’IA ignore comment conseiller quelqu’un aux prises avec un krach boursier ou qui doit équilibrer des priorités familiales en opposition. »
Il faut parler à un humain dans les situations suivantes :
1. Planification de la retraite
Un(e) conseiller(ère) financier(ère) peut vous aider à planifier votre retraite en tenant compte des avantages gouvernementaux, des retraits de fonds et du style de vie souhaité à la retraite.
2. Changements de vie majeurs et objectifs contradictoires
Que vous souhaitiez vous marier, divorcer, fonder une famille, acheter une maison ou prendre possession d’un héritage, aucun assistant virtuel ne pourra en comprendre totalement les répercussions fiscales ou émotionnelles. Un humain peut aider à équilibrer les objectifs contradictoires et à éviter les décisions impulsives.
3. Création d’une stratégie fiscale
La plupart des modèles d’IA s’appuient sur des données provenant des États-Unis. Pour cette raison, leurs conseils ne tiennent bien souvent pas compte du contexte canadien. Un humain peut adapter des stratégies pour vous permettre de profiter de déductions et de crédits d’impôt, ou de cotiser à un RÉER ou un CÉLI afin que vous ne fassiez pas d’erreurs coûteuses.
4. Décisions d’affaires ou de travail indépendant
De la création d’une société à la gestion de la paie et de la TPS ou TVH, les finances des petites entreprises comportent des enjeux complexes qui évoluent souvent. Les comptables, avocats et conseillers humains en connaissent les subtilités (et peuvent vous éviter bien des maux de tête plus tard).
5. Planification de l’assurance et de la protection
L’IA peut décrire la différence entre l’assurance-vie temporaire ou permanente, mais elle ne peut pas évaluer la couverture dont votre famille a besoin ou si l’assurance invalidité est appropriée à votre situation. Un(e) professionnel(le) le peut.
6. Lorsque les émotions prennent le contrôle
La peur, la fierté, la culpabilité, l’enthousiasme… Ces émotions peuvent influencer votre comportement, mais l’IA ne sait pas comment vous vous sentez. Si votre RÉER vous empêche de dormir, ou que vous paniquez en raison d’un ralentissement économique, parlez à une personne qui peut vous écouter et vous aider à rester sur le bon chemin.
« Les bons planificateurs passent la majorité de leur temps à écouter », conclut Engen. « L’IA n’est pas conçue pour une telle fonction. »
Les robots prendront-ils le pouvoir?
L’IA transforme la façon dont les Canadiens et Canadiennes apprennent à gérer leur argent – et ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Des outils comme ChatGPT peuvent traduire le jargon financier, simplifier des concepts d’investissement et effectuer des simulations en quelques secondes, mais même l’assistant virtuel le plus intelligent ne peut comprendre toute votre histoire ni le raisonnement derrière chacun de vos choix. Voyez l’IA comme un outil financier, mais ne la prenez pas pour un gourou de l’argent.
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