S'adapter à la simulation de crise hypothécaire

Écrit par Penelope Graham

Le vendredi 27 juillet 2018

La simulation de crise hypothécaire (stress test) mise en œuvre par l'organisme de réglementation bancaire du Canada est maintenant en place. Comment le marché hypothécaire – et ceux qui s'efforcent de s'y tailler une place – s'est-il adapté à ce nouvel obstacle rigoureux ?

La simulation de crise, c'est quoi ?

La simulation de crise a été annoncée au mois d'octobre dernier et a été introduite le 1 er janvier 2018 par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF).

La simulation exige que les emprunteurs se qualifient pour le financement d'une propriété à un taux plus élevé que celui de leur hypothèque. Le montant dépend de votre mise de fonds : les emprunteurs qui versent une mise de fonds correspondant à 20  % ou moins de la valeur de la propriété doivent se qualifier au taux de référence de la Banque du Canada, qui était à 5,34 % en date du 27 juin 2018.

Les emprunteurs ayant une mise de fonds de plus de 20 % doivent se qualifier pour le taux le plus élevé entre le taux de référence et celui de leur contrat hypothécaire, plus un autre 2 %.

En exigeant que les emprunteurs se qualifient à des taux plus élevés, l'intention du BSIF est de préparer les emprunteurs pour l'éventualité où les taux hypothécaires commenceraient à grimper en flèche. Dans un environnement où les taux d'intérêt sont en hausse, certains propriétaires risquent de devenir incapables d'effectuer leurs paiements mensuels ou de se retrouver avec une hypothèque dont la valeur est supérieure à celle de leur maison.

Opinions des acheteurs

Selon un sondage (lien en anglais) mené par Zoocasa, plus de la moitié (52 %) des Canadiens appuient l'idée de la nouvelle simulation de crise et 47 % pensent que cette mesure protège l'économie canadienne. Cependant, 48 % sont d'avis que la simulation de crise nuit aux acheteurs d'une première maison – le groupe qui dépend le plus des faibles coûts d'emprunts pour intégrer le marché.

La simulation de crise a aussi influencé les décisions d'achat et de planification des Canadiens. Parmi ceux qui ont acheté une maison entre octobre 2017 et mars 2018, 27 % ont admis avoir accéléré le processus d'achat de leur maison pour éviter d'être soumis aux nouvelles règles. Un autre 5 % ont retardé leur achat, tandis que 48 % ont dit que ça ne les avait pas influencés du tout (19 % d'eux n'étaient même pas au courant de la nouvelle simulation de crise).

Parmi ceux qui planifient acheter une maison dans le futur, 40 % confirment que la simulation de crise ne nuira pas à leurs projets. La simulation a dissuadé certains propriétaires potentiels : 5 % d'entre eux rapportent qu'ils n'étaient plus intéressés et 15 % ont l'impression que devenir propriétaire est maintenant totalement inatteignable.

Comment se préparer pour la simulation de crise hypothécaire

Ajustez vos attentes : C'est peut-être difficile à avaler, mais l'objectif de cette simulation est de confirmer que les acheteurs ne peuvent plus se permettre des hypothèques aussi élevées qu'avant. Les prêteurs offriront de plus petits montants pour le financement hypothécaire des demandeurs à cause des taux de qualification plus élevés, ce qui influencera l'inventaire disponible pour ces acheteurs. Cela pourrait entrainer l'achat d'une copropriété ou d'une maison en rangée au lieu d'une maison seule, ou pousser la recherche dans des régions plus abordables.

Évitez la surenchère : C'est facile de se laisser emporter dans des situations de surenchères, surtout dans les marchés canadiens hautement compétitifs. Si la valeur d'une maison excède l'évaluation du prêteur, l'acheteur pourrait se voir offrir une hypothèque insuffisante pour compléter l'achat.

 

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